10 stéréotypes sur la Russie

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10 stéréotypes sur la Russie

Message  Vivre Enrussie le Mar 13 Mai 2014 - 16:01

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Le journaliste de Kommersant Sergueï Melnikov a comparé 10 stéréotypes sur la Russie aux données sociologiques réelles. Il s’est avéré que les représentations populaires sur la Russie et les Russes, examinées de près, sont démenties par les sociologues et la statistique.

« Tout le monde boit »

Seuls les plus paresseux ne s’épanchent pas sur le penchant de nos concitoyens pour le serpent vert de l’alcoolisme, enraciné tantôt génétiquement, tantôt culturellement. Pourtant, dans la réalité, notre société « dégrise » peu à peu. Le toxicologue en chef du pays, Evgueni Brioun, souligne qu’en 2013, le niveau moyen de consommation d’alcool atteignait 13,5 litres par personne, soit 2,1 litres de moins que l’année précédente. Et en 2010, selon les études internationales, le nombre de citoyens russes buvant régulièrement avait réduit de 2 millions par rapport à 2000.

« Tout le monde vole »

La phrase, attribuée à Karamzine, Si l’on voulait exprimer en un seul mot ce qui se fait en Russie, il faudrait dire : on vole n’a pas perdu de son actualité même au XXIème siècle. Mais la corruption et le pillage du budget sont moins universellement répandus qu’on ne le dit. Les sociologues de l’École des Hautes études en sciences économiques, par exemple, notent qu’en Russie, le marché de la corruption des pots de vins n’augmente pas – son pic remonte aux années 2000. Aujourd’hui, les solutions passent par les relations ou le piston. En termes scientifiques, par la « corruption de réseau ». Ce qui est tout aussi illégal, mais un peu plus civilisé.

« Tout le monde veut partir »

Beaucoup de nos compatriotes, dans leurs accès de colère, disent « Il est temps de se casser ! ». Ce qui forge l’impression qu’encore un peu, et toute la population indigène du pays sera déjà partie en masse à l’étranger. Mais les choses sont un peu différentes. Selon les données d’un sondage du VTSIOM en date de juillet dernier, 85 % des citoyens russes assurent qu’ils ne veulent pas quitter leur pays. La statistique occidentale note aussi, pour sa part, que l’émigration des citoyens de Russie vers des directions aussi populaires que l’Allemagne, Israël et les États-Unis a baissé au cours des cinq à six dernières années. On voit en outre revenir de nouveaux « rapatriés ».

« Tout le monde veut de l’argent »

Évidemment, dans une économie de marché, le désir de gagner de l’argent est fondamental. Les citoyens russes sont aussi bien disposés envers l’argent que tout un chacun, et il semble parfois que le revenu représente, pour nous, un but en soi. Pourtant, en 2012, seuls 52 % des citoyens russes reconnaissaient qu’ils voudraient devenir riches (données VTSIOM). Alors que fonder une famille heureuse et éduquer de bons enfants était le souhait 93 % de nos compatriotes. Se faire des amis fiables est important pour neuf Russes sur dix. Ainsi, l’argent se révèle, du moins au niveau des déclarations, être un moyen plutôt qu’un but.

« Le pays a désappris à travailler »

Beaucoup de gens se rappellent avec tristesse la glorieuse époque soviétique laborieuse. Mais c’est à tort. L’ère socialiste, avec ses journées-travail, ses branle-bas d’usine et ses faux rapports de rendement n’a vraiment pas de quoi constituer un repère. Selon les bilans de l’année passée (données préliminaires), la croissance du PIB national a atteint 1,4 %, celle de la valeur ajoutée de la production industrielle, 0,6 %. Il n’y a peut-être pas de quoi se réjouir : la croissance chute – mais les gens, eux, travaillent. La quantité de chômeurs officiels en 2013 en Russie s’élevait à 4,1 millions de personnes pour 75,5 millions de travailleurs.

« La Russie est un pays orthodoxe »

On entend périodiquement répéter, dans diverses bouches, que la population du pays est à 80 % composée d’orthodoxes. Toutefois, cette assertion a été démentie en 2012 par les sociologues du Service des enquêtes qui ont constitué, sur la base d’un sondage de très grande échelle, l’Atlas des religions de Russie. Il s’avère que seulement 41 % des citoyens russes se déclarent de confession orthodoxe et considèrent appartenir à l’Église orthodoxe russe. Et seuls 5 % vont régulièrement dans une église en étant membres d’une paroisse concrète. Derrière les orthodoxes arrivent les croyants sans religion, que l’on appelle les « pauvres croyants » (25 % des citoyens de la Fédération).

« Les régions sont pauvres, le pays est dévasté »

Certains habitants de capitale (avec fierté) et des régions (avec mélancolie) ont l’habitude de penser qu’outre Moscou, il n’y a de vie nulle part dans le pays. Mais les études complexes sur les régions montrent que ce n’est pas du tout le cas. Le classement établi par les spécialistes de la MGU sur la qualité de vie dans les régions (voir Ogoniok, n°3, 2014) a vu arriver en tête absolument pas Moscou mais Pétersbourg, suivie par le Tatarstan, Kaliningrad et la région de Belgorod. Le classement prenait en compte toute une série de paramètres, de la sécurité à l’écologie.

« Nous ne produisons rien d’autre que du pétrole et du gaz »

À l’heure actuelle, les revenus du pétrole et du gaz composent près de la moitié du budget, et il est incontestable que le complexe industriel énergétique constitue la base de l’économie de la Fédération russe. Mais il ne faut pas oublier que la Russie exporte des dizaines de millions d’engrais minéraux par an, ou que les revenus de l’exportation d’armements ont atteint 15,7 milliards de dollars en 2013. La métallurgie et la construction navale se développent, on assemble des automobiles de marques étrangères. Dans le secteur IT, on peut mentionner les systèmes de défense antivirus et les technologies de reconnaissance de documents, dont les fournisseurs sur le marché mondial sont des entreprises russes.

« Nous vivons selon des modèles étrangers »

Beaucoup d’habitants de la Russie déplorent le fait que, selon eux, notre pays copie aveuglément la démocratie occidentale ou les despotes orientaux (barrer la mention inutile). Mais même un regard superficiel sur l’histoire permet de se convaincre que, quelles qu’elles soient, les idées empruntées sont interprétées à travers notre existence culturelle originale et mutent à ce point qu’au final, toute tentative de copie se transforme invariablement en « voie propre ».

« La Russie se meurt »

En Russie, la mortalité a dépassé la natalité en 1992. Et on a vu chez beaucoup se forger la pensée alarmante selon laquelle le pays, avec le temps, allait purement et simplement sombrer dans le néant. Ou qu’il serait peuplé par les migrants. Mais Rosstat nous a offert l’espoir : selon les données de l’agence, en 2013, pour la première fois dans l’histoire de la nouvelle Russie, le nombre de naissances a dépassé celui des décès. L’accroissement naturel n’a atteint qu’un peu plus de 20 000 personnes, mais le fait est là – la désagréable tendance s’est arrêtée, et la perspective de sortir du pic démographique, tout de même, existe.

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