A Khimki, des Russes se mettent en travers d’une autoroute - Alain GUILLEMOLES

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A Khimki, des Russes se mettent en travers d’une autoroute - Alain GUILLEMOLES

Message  Vivre Enrussie le Mer 5 Oct 2011 - 20:00

04/10/2011
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Economie/A-Khimki-des-Russes-se-mettent-en-travers-d-une-autoroute-_EG_-2011-10-04-719092
La première autoroute payante en Russie
Sur les arbres de la forêt de Khimki, des icônes ont été clouées, comme pour mieux stopper l’avancée des bulldozers. Des habitants de cette banlieue de Moscou s’opposent depuis deux ans à la construction de la future autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg. 
Ce long ruban de béton (1)doit desservir l’aéroport de Cheremetievo et permettre de décongestionner le centre de la capitale au prix d’une saignée parmi des chênes centenaires.(2) Ce sera la première autoroute payante de Russie.
Elle sera construite et exploitée par une société française, un géant du secteur : Vinci. Des autoroutes, le groupe Vinci en fait dans le monde entier. Mais en Russie, ce projet se heurte, depuis deux ans, à la résistance d’une partie des riverains. 
Un campement de tentes
Les habitants de Khimki (180 000 habitants) s’opposent à l’abattage de 140 hectares d’une forêt protégée que l’autoroute doit traverser. Ces riverains sont toujours une centaine à se relayer dans un campement. Ils y restent jour et nuit.
Ce genre de mouvement est assez rare en Russie. Il a reçu le soutien de quelques artistes et mobilisé une bonne part de la population locale, si bien qu’il a réussi à faire douter le pouvoir. En août 2010, le président Dmitri Medvedev a décrété un arrêt des travaux. Mais en décembre, nouveau revirement : le premier ministre, Vladimir Poutine, a ordonné la reprise du chantier. Les travaux ont recommencé jeudi dernier. (3)
Les défenseurs de Khimki continuent pourtant à y croire. Ils sont toujours là, au bout d’un chemin de terre. Leur campement se fond dans la végétation. Il est fait de quelques tentes branlantes, épuisées d’avoir trop souvent été mises à bas et reconstruites. 
Régulièrement, en effet, le campement est attaqué par des skinheads. « Nous appelons la police. Mais elle vient toujours trois heures après, et elle n’enregistre pas nos plaintes », s’indigne Alexeï, étudiant en droit qui passe tout son temps libre ici. Plusieurs campeurs ont été sévèrement battus. Un journaliste local qui avait accusé le maire de Khimki de s’enrichir dans l’opération a été frappé et est depuis paralysé.
Des opposants de tous bords
Qui sont ces occupants du camp ? Des Russes ordinaires, habitants de Khimki. Avec le temps, ils ont été rejoints par quelques militants écologistes. 
Les campeurs veulent sauvegarder les arbres face aux attaques de ceux qui « n’ont que des dollars dans les yeux ». « Ceux qui veulent faire l’autoroute n’aiment pas notre pays, ils n’aiment que l’argent », dit Natalia, journaliste et blogueuse qui vient vivre une semaine sur deux dans le camp depuis deux ans. Patriotes, écologistes, gauchistes, simples citoyens, artistes en révolte se mélangent ici, dans ce qui ressemble à un ultime refuge de toutes les contestations.
Leur leader, c’est Evguenia Tchirikova, une petite femme blonde, pétillante, qui n’était pas politisée il y a deux ans,(4) lorsqu’elle a vu arriver les premiers bulldozers. Elle s’est lancée dans la bataille, a fait signer des pétitions et a mobilisé la population. Aujourd’hui, elle dénonce la spéculation immobilière effrénée. « Il serait possible de choisir un autre trajet, contournant la forêt. Mais en passant par ici, le but est de construire ensuite des centres commerciaux là où, aujourd’hui, il y a des arbres », dit-elle.
Une topographie qui change
Khimki est une petite ville qui touche Moscou. Rien ne semble y avoir changé depuis la période soviétique (5) les barres d’immeubles en brique se perdent parmi les arbres, les noms de rues rendent hommage aux anciens commissaires du peuple. La forêt commence au bout d’une avenue, derrière le stade Rodina (« La patrie »). Les habitants vont y promener leur chien, y cueillir des champignons. Mais l’endroit se transforme petit à petit. Des « nouveaux riches » s’installent dans des lotissements fermés et gardés. D’autres se font construire des cottages, ainsi que les appellent les Russes. Ils jouxtent les anciennes datchas traditionnelles en bois coloré.
Les défenseurs de Khimki s’opposent surtout à cela : la gigantesque opération immobilière qui accompagne l’arrivée de l’autoroute. Ils sont persuadés que la forêt sera, peu à peu, entièrement rasée, au profit de lotissements et de zones commerciales, au fil des dérogations qui seront accordées en toute opacité. Associé à Vinci dans la construction de l’autoroute, le milliardaire Arkady Rotenberg est un proche de Vladimir Poutine dont il fut l’entraîneur de judo. « Le profit de l’autoroute est partagé par une cascade de sociétés qui aboutit à Chypre », relève Evguenia Tchirikova.
Du côté de Vinci, on dément avoir ici un autre projet que de construire une autoroute. Pierre-Yves Estrade, le directeur de la filiale russe, explique au journal Kommersant : « S’il avait été finalement décidé d’adopter un nouveau tracé, cela aurait retardé la construction de plusieurs années. Mais les études préalables ont permis de réduire l’emprise de l’autoroute sur la forêt. Au lieu des 144 ha d’arbres abattus, il n’y en aura plus que cent. »
Dans la forêt, une trouée est déjà apparue au milieu des arbres. Les troncs couchés au sol s’entassent en attendant d’être emportés. Les défenseurs de Khimki exercent de nouveaux recours judiciaires et espèrent encore pouvoir obtenir une remise à plat du projet. Ils s’accrochent à leur campement. Passeront-ils l’hiver ici ? « Nous verrons. Personne ne sait ce qui se passera dans les prochaines semaines… », dit Alexeï, l’étudiant en droit. « Mais si nous ne nous occupons pas de défendre la forêt, personne ne le fera. Alors nous resterons le plus longtemps possible. »
 
De notre envoyé spécial à Khimki Alain GUILLEMOLES

1-« Ce long ruban de béton. »
N’est ce pas plutôt un long ruban d’asphalte... Cette imprécision donne le ton de l’article..

2-« Saignée parmi des chênes centenaires. »
Les vidéos et photos sont disponibles en grande quantité sur le net et je ne vois pas de saignée parmi des chênes centenaires.

« En août 2010, le président Dimitri Medvedev a décrété un arrêt des travaux. Mais en décembre, nouveau revirement : le premier ministre, Vladimir Poutine, a ordonné la reprise du chantier. Les travaux ont recommencé jeudi dernier. »
Commission d’enquête publique. Lorsque le président a décrété l’arrêt du chantier il a demande la création d’une commission d’enquête publique. Ce n’est qu’après publication du rapport que la décision a été prise de reprendre les travaux.
Extrait de Wikipedia :
"Taking into account the amount of appeals [against the construction], I have made a decision...to suspend the implementation of the decree on the construction of the toll highway and to hold additional public and expert discussions."

Il suffit de regarder les vidéos sur Youtube pour voir que les travaux de déboisage et nettoyage ont repris depuis quelques mois… Sans oublier que la traversée de la foret de Khimki n’est qu’une partie du projet, pendant que tout le monde focalise sur Khimki les travaux avancent plus loin…

3-« Leur leader, c’est Evguenia Tchirikova, une petite femme blonde, pétillante, qui n’était pas politisée il y a deux ans, »
Depuis : elle est invitée, avec des opposants au gouvernement, à diner avec le secrétaire d’état américain lors de sa visite à Moscou et manifeste en France contre le nouvel aéroport de Nantes…

4-« Khimki est une petite ville qui touche Moscou. Rien ne semble y avoir changé depuis la période soviétique »
L’auteur démontre une méconnaissance totale des limites geographiques de cette ville et de son urbanisme.
Oui il y a des quartiers avec de petits immeubles en briques sous les arbres mais il y a aussi des centres commerciaux et le premier centre « Mega » construit en Russie le « Mega - Khimki » avec Ikea, Auchan, Obi…
http://www.malls.ru/rus/malls/document9032.shtml
http://www.ikeascr.com/files/Khimki.pdf
“Russia’s first IKEA was opened in Khimki in 2000. MEGA Khimki soon followed
in 2004 and became the largest retail complex in Russia at the time.
Despite several new retail centres opening their doors along the Leningradskoe
Shosse, MEGA Khimki remains one of the district’s most popular shopping destinations.”

Soit il faut être aveugle soit d’une mauvaise foi totale pour ne voir que le coté « champêtre» de Khimki…


En résumé une fois de plus nous avons l’exemple d’un journaliste qui « pond » un papier sans prendre la peine de se documenter un minimum sur le sujet.
Plus qu’une succession de mensonges par omission je vois un travail bâclé.
Manque de temps ou fainéantise de l’auteur?

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