Nicolas Sarkozy change de ton face à la Russie

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Nicolas Sarkozy change de ton face à la Russie

Message  Vivre Enrussie le Mar 23 Mar 2010 - 8:31

22/03/2010 - http://fr.novopress.info/53970/nicolas-sarkozy-change-de-ton-face-a-la-russie/


Pascal Viscontini Monde & Vie, n° 824 13/03/2010
La dernière visite d’un chef d’état Russe à la cathédrale Notre-Dame de Paris remontait au 7 octobre 1896 ! À l’époque, le président de la République française, Félix Faure, avait accompagné le Tsar Nicolas II et la tsarine.

Dmitry Medvedev et sa femme Svetlana Medvedeva
Changement de décor en 2010 : il ne s’est pas trouvé un seul officiel français pour accompagner le président russe Dimitri Medvedev et sa femme, la très pieuse Svetlana Medvedeva, venus « en pèlerinage » à Notre-Dame, selon le communiqué officiel russe.

Auraient-ils d’ailleurs suivi le président russe lorsqu’il a posé son front sur une icône de la Vierge, de la même manière qu’Alexis II, le défunt patriarche de Moscou, l’avait fait il y a deux ans ? Malgré un emploi du temps officiel surchargé, le couple présidentiel russe avait tenu – et en avait trouvé le temps, mardi 2 mars – à assister à l’office de vénération des reliques de la Sainte Couronne d’épines, rapportées de Constantinople par saint Louis en 1239. Le président russe pensait certainement que l’hommage à saint Louis serait pris comme une bonne manière. Las ! Il semblerait que Dmitri Medvedev ait largement présumé du niveau culturel du personnel politique et des médias français, une fois de plus en proie à une russophobie galopante…


Saint Louis portant la Sainte Couronne à Notre-Dame de Paris le 19 août 1239. Gravure XIXe.
Au micro de Patrick Péhèle le 9 mars dernier, animateur de l’excellente émission de géopolitique « Chroniques de la Vieille Europe » sur Radio Courtoisie, Roland Dumas, l’ancien ministre des affaires étrangères de François Mitterrand, déplorait cette situation : « Nous n’avons pas la présence d’esprit et l’intelligence de créer un lien personnel avec la Russie. On vit sur des schémas anciens. » Pilier de l’émission, le consultant international et spécialiste de la Russie, Philipe Chrystèle, approuve l’ancien ministre socialiste : « Les quelques liens qui sont malgré tout tissés relèvent du symbole. Les Russes ne s’y trompent pas. Malheureusement, les liens économiques ont du mal à suivre. Hormis quelques coopérations réussies dans la construction ferroviaire, dans l’aéronautique, l’automobile, et bien sûr l’énergie, la France n’est que le neuvième fournisseur en Russie, loin, très loin derrière l’Allemagne, ou même l’Italie… »

A défaut d’établir une grande politique, le changement de ton de Nicolas Sarkozy à l’égard des dirigeants russes était déjà perceptible après l’incompréhensible et folle équipée géorgienne de 2008. Il intervient, hélas, en contrepoint d’une diplomatie brouillonne, fortement marquée par l’alignement français à la tutelle américaine et une gesticulation agressive dans les affaires moyen-orientales, notamment vis-à-vis de l’Iran. Il n’empêche, force est de constater que, de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy en passant par François Mitterrand et Jacques Chirac, un minimum de continuum diplomatique a été à peu près préservé.

Ce sont les hommes de François Fillon, deux russophones : l’ex ministre Jean de Boishue, agrégé de russe, et Igor Mitrofanoff, conseiller discret du premier ministre, et auteur dans sa jeunesse d’un très recommandable Pour connaître Jacques Bainville, aux éditions Royaliste, qui se sont chargés de faire taire l’inquiétante logorrhée russophobe dans les couloirs de l’Elysée. Exit le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, et le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, deux opposants notoires au rapprochement franco-russe. Cette détente bénéfique a permis au président russe de se rendre plus sereinement à Paris pour donner le coup d’envoi de l’année croisée France-Russie, qui devrait compter plus de 400 manifestations culturelles dans les deux pays.


Bâtiment de projection et de commandement (BPC) de type Mistral.
Reste l’affaire de la vente de quatre bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral. L’éditorialiste des Chroniques de la Vieille Europe, Philippe Chrystèle, s’emporte : « Il est quand même extraordinaire de voir les élites médiatiques anglo-saxonnes fustiger la France parce qu’elle agirait en cavalier seul, indépendamment de l’OTAN, la même semaine où la Roumanie déclare, sans consulter ses partenaires européens de l’Union européenne, accueillir des missiles à courte portée sur son territoire, comme l’a fait avant elle la Pologne et comme s’apprête à le faire la Bulgarie. »

Reste que les dites élites anglo-saxonnes n’ont pas vraiment intérêt au rapprochement franco-russe.

Pascal Viscontini Monde & Vie, n° 824 13/03/2010

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