Le Monde en noir et blanc

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le Monde en noir et blanc

Message  Vivre Enrussie le Jeu 18 Fév 2010 - 17:01

Noir:
www.lemonde.fr/opinions/article/2010/02/18/m-poutine-muselle-les-libertes_1307884_3232.html

Dans les capitales européennes, des dirigeants épris de liberté annoncent fièrement une nouvelle ère de coopération avec la Russie. A Berlin, on se vante d'une "relation spéciale" avec Moscou tout en progressant sur de gigantesques projets énergétiques avec le monopole gazier Gazprom. A Rome, Silvio Berlusconi rentre d'un voyage à Saint-Pétersbourg, où il a fêté le 59e anniversaire de son "ami"Vladimir Poutine. Et, à Paris, les négociations avancent sur la vente de navires de classe Mistral, porte-hélicoptères ultramodernes.

Dans le même temps, à Moscou et ailleurs en Russie, les journalistes, militants démocrates et autres dissidents sont de plus en plus réprimés. Le 31 janvier 2009, la police a encore arrêté des dizaines de citoyens lors d'un rassemblement pacifique visant à soutenir la liberté de... rassemblement. Les manifestants appelaient le gouvernement à respecter l'article 31 de la Constitution russe qui garantit le droit "de se réunir pacifiquement et de tenir des réunions, manifestations, marches et piquets". La réponse a été cinglante.
Les journalistes sont harcelés lorsqu'ils expriment des critiques à l'encontre du pouvoir. Les poursuites judiciaires ne sont pas le plus grand risque pour ceux qui n' "informent" pas l'opinion dans un sens "patriotique". En 2009, plus d'une dizaine de journalistes, militants des droits de l'homme et opposants politiques ont été assassinés. Ayant bâillonné les voix qui critiquent sa politique dans le Caucase, le gouvernement de Vladimir Poutine s'attaque maintenant à celles qui le font de l'étranger. En particulier celles qui se permettent, crime absolu, de le faire en langue russe. Or, nous constatons avec amertume que cette offensive est soutenue en Europe même.
La dernière victime en date de la censure orchestrée par Poutine et relayée par ses "amis" occidentaux s'appelle Pervyi Kavkazskyi ou "Première Caucase". Cette jeune chaîne de télévision caucasienne en langue russe était, jusqu'à fin janvier, accessible aux personnes vivant dans l'espace post-soviétique. Jusqu'à fin janvier uniquement car Eutelsat, entreprise européenne a évincé la chaîne dissidente de ses satellites couvrant les antennes des foyers russes.
Sans doute l'énorme contrat signé le 15 janvier entre la compagnie russe Interspoutnik et Eutelsat impliquait-il la fin du partenariat avec Première Caucase. Eutelsat, en capitulant face aux diktats de Moscou, envoie un signal clair : il est impossible pour une télévision en langue russe contestant la ligne du Kremlin d'émettre en Fédération de Russie. Même lorsqu'elle est basée à l'étranger. Même lorsqu'elle signe un contrat avec un diffuseur européen.
La nouvelle chaîne anglophone financée par le gouvernement russe, Russia Today, n'a pas rencontré les mêmes problèmes avec les satellites européens. Cette télévision "officielle" a lancé un spot publicitaire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni montrant le visage de Barack Obama se transformant en celui de Mahmoud Ahmadinejad. Personne ne trouve rien à y redire dans les démocraties européennes et Russia Today pourra abreuver les foyers occidentaux de la propagande qui vampirise déjà les écrans russes. Par contre, une chaîne alternative en langue russe est une provocation inconcevable.
La censure de Pervyi Kavkazskyi par une entreprise européenne est un cas dramatique, mais pas un cas isolé. Le grand projet poutinien de consolidation de la "verticale du pouvoir" à l'intérieur et de retour à l'impérialisme militaire à l'extérieur se nourrit des compromissions et des complicités d'une partie des Européens. Le gouvernement français s'apprête ainsi à vendre à la Russie un ou plusieurs navires d'assaut de classe Mistral. Les militaires russes n'ont pourtant pas fait mystère de leurs intentions quant à ces armes. En septembre 2009, l'amiral Vladimir Vysotskiy déclarait triomphant : "un tel bateau aurait permis à la flotte de la mer Noire d'accomplir sa mission (envahir la Géorgie) en 40 minutes au lieu de 26 heures."
Il y a à peine un peu plus d'un an, alors que les tanks russes occupaient une partie de la Géorgie, le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, déclarait qu'il ne pouvait y avoir "d'affaires comme à l'accoutumée avec la Russie dans de telles circonstances". Les forces russes occupent toujours une partie de la Géorgie, en violation du cessez-le-feu négocié par Nicolas Sarkozy, et pourtant l'OTAN, elle aussi, indique vouloir "renforcer" ses relations avec le régime de Poutine.
Alors que Moscou muselle les médias d'opposition, élimine les journalistes "déviants" et soumet ses voisins à des intimidations, les dirigeants européens ne restent donc pas silencieux : ils plaident pour des liens plus étroits avec le pouvoir russe.
Ces dirigeants doivent prendre position pour la liberté d'expression et défendre les médias alternatifs qui la font vivre. Cela commence par rappeler aux compagnies européennes qu'elles ne sont pas censées devenir des outils de la censure poutinienne. Ces mêmes dirigeants doivent montrer qu'on n'occupe pas impunément au XXIe siècle des territoires étrangers. Cela passe par une attitude ferme et pas par des ventes d'armes. Il en va de la liberté des citoyens russes comme des pays environnants, mais aussi du sens et de l'honneur de l'Europe.


Elena Bonner-Sakharov, veuve d'Andreï Sakharov et militante pour les droits de l'homme ;
Konstantin Borovoï, président de Party for Economic Freedom;
Vladimir Boukovsky, essayiste, ancien prisonnier politique du goulag ;
Natalia Gorbanevskaya, poète et ancienne prisonnière politique du goulag ;
Andreï Illarionov, ancien conseiller de Vladimir Poutine ;
Garry Kasparov, leader de United Citizen Front ;
Serguey Kovaliev, direction de Memorial, ancien prisonnier politique du goulag ;
Andreï Mironov, ancien prisonnier politique du goulag ;
Andreï Nekrasov, cinéaste ;
Valeria Novodvorskaïa, leader de Democratic Unity of Russia ;
Oleg Panfilov, présentateur de télévision, président de l'Association des journalistes en situation extrême ;
Grigory Pasko, journaliste, militant écologiste, ancien détenu politique de Russie ;
Leonid Pliouchtch, essayiste, ancien prisonnier politique du goulag ;
Alexandre Podrabinek, journaliste, ancien prisonnier politique du goulag ;
Zoïa Svetova, journaliste ;
Maïrbek Vatchagaev, historien tchétchène ;
Tatiana Yankelevitch, archiviste à Harvard ;
Lydia Youssoupova, avocate, lauréate des prix Rafto et Martin Ennals "pour son courage exceptionnel", nominée pour le prix Nobel de la paix en 2007.

Blanc:
www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41711452@7-50,0.html

Des responsables américains et des dirigeants d'eBay, Twitter, et d'autres groupes sur internet vont se rendre en Russie pour discuter du recours aux sites de socialisation pour améliorer les relations entre les deux pays, a indiqué mardi le département d'Etat.


La délégation, qui va se rendre en Russie du 17 au 23 février, rencontrera des représentants du gouvernement russe, des universitaires ainsi que des entreprises privées et des ONG, précise le département d'Etat dans un communiqué.
"Ils vont discuter de la façon dont les réseaux sociaux et d'autres technologies innovantes peuvent être utilisés pour renforcer et élargir les liens entre les Etats-Unis et la Russie", stipule le communiqué.
La délégation sera menée par Jared Cohen, responsable du département d'Etat et Howard Soloman du Conseil à la sécurité nationale. Le responsable de la Maison Blanche chargé des nouvelles technologies, Aneesh Chopra, sera également du voyage.
Selon le département d'Etat, eBay, Twitter, Cisco, Howcast, EDventure ou encore Mozilla font partie des entreprises qui enverront un représentant.

Vivre Enrussie
Admin

Localisation : Russie

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Quel article affligeant !!!

Message  Invité le Dim 21 Fév 2010 - 21:52

Cet article est affligeant . Tous les arguments utilisés pour nous présenter une Russie dictatoriale sont plus que discutables. Pour faire simple, je les reprends un par un :

1) Rassemblement (manifestation) non autorisé et donc réprimé par les forces de l’ordre. Je vous invite à vous rassembler en France sur les Champs-Élysées et à commencer à revendiquer (libre à vous de choisir le sujet, vous avez l’embarras du choix). Résultat assuré avec en prime « garde à vue » (sport national français avec examen rectal... ).

2) Tous les meurtres de journalistes sont le fait du gouvernement. Si, si, croyaient les sur parole. C’est un fait plus que prouvé puisqu’on vous le répète depuis 15 ans voire plus. A ce niveau là, c’est une question de foi, vous y croyez ou pas. Moi pas.

3) « Pervyi Kavkazskyi » ???? Jamais entendu parler. Compte tenu que les russes sont majoritairement câblés (moi aussi), l’audience devait être ridicule en Russie. Et peut être que cette chaîne ne pouvait plus payer pour être diffusée par Eutelsat ? Des subventions européennes ont disparu ? Plus d’argent pour les malheureux chercheurs russophobes ? La crise a du bon parfois.

4) Les « mistral » - certes un beau bateau mais vendu vide. Tout l’équipement sera russe. Et puis d’autres pays veulent vendre aussi leur bateau à la Russie. La France est en concurrence. On verra bien qui gagne.

5) La Russie respecte le « cessez-le-feu en Géorgie (mon argument vaut le leur : une affirmation contre une autre). Les pays de l’OTAN recommencent par contre à vendre des armes à la Géorgie et Saakachvili promet encore la guerre. A la prochaine attaque géorgienne, on l’attrape et on le pend comme Saddam Hussein. Vous aurez les images sur CNN de son procès à Tbilissi et de son exécution. Hourra !!!


Il faut développer des liens étroits avec la Russie. Cela passe avant tout par l’économie. La culture plus tard, bien plus tard. La liberté d'expression et des médias existent en Russie. Au moins autant qu’en Europe (plus qu’en France sûrement avec Sarko).




Enfin, les signataires de ce « point de vue » sont tous des fidèles des idées russophobes ou plutôt des amoureux de leur conception de la Russie. Je suis toutefois surpris de voir qu’un journal comme Le Monde fasse paraître l’avis de ces « spécialistes » qui prennent en « otage » l’honneur de l’Europe. Leur message est : « soyez d’accord avec nous, Europe, ou vous n’avez pas d’honneur ». Moi je leur réponds au nom de la Russie et de l’Europe « Allez vous faire foutre !!! ».



PS : Pour lire de tels articles, il faut s’abonner au Monde – 17 euros/mois ! Le Monde (jeu de mot) marche sur la tête !

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum